La Langue des oiseaux

La Langue des oiseaux
La langue des oiseaux, langue énigmatique

Cette langue énigmatique pratiquée depuis des millénaires par les alchimistes en fascine certains et en faire ricaner d’autres. On lit tout un tas de choses plus ou moins sérieuses à ce sujet alors il est temps que l'on parle de la langue des oiseaux.


C'est une langue qui consiste à donner à un autre sens a des mots ou à des phrases en utilisant des jeux de sonorités, des jeux de mots ou en ayant recours à la symbolique des lettres.

Comme beaucoup de choses en ésotérisme, l'origine de cette langue est inconnu. Certains pensent l'avoir trouvé mais il s’agit d'interprétation a posteriori qui n'offrent aucune réelle certitude.

René Guénon, auteur incontournable

René Guénon fait partie des auteurs incontournables et il est l'un des premiers à parler très clairement de la langue des oiseaux sous cette appellation dans un livre de 1926.

Fulcanelli, le célèbre alchimiste dont l'identité n'est toujours pas connue, fait également partie des premiers à en avoir parlé dans son livre « les demeures philosophale » paru en 1930. Pour Fulcanelli, cette manière de coder les informations ne vient pas de la tradition islamique, comme le pense René Guénon, mais de la Grèce Antique.

Il s'agit donc d'une manière d’entendre les mots permettant d'inclure plusieurs sens dans un même texte. Selon Fulcanelli, les sonorités sont plus importantes que les mots :

« La langue des oiseaux est un idiome phonétique basée uniquement sur l’assonance. On y tient donc aucun compte de l'orthographe dont la rigueur même sert de frein aux esprits curieux. »

C'est un point très important à comprendre lorsque l'on s'intéresse à la langue des oiseaux. « ce qui compte ce n'est pas l'écrit mais les cris »

Il existe différentes interprétations quant à l'origine de son nom mais il y a une explication que beaucoup plus pertinente que les autres : dans le mot « oiseaux » aucune des lettres qui le composent n'ai entendu à sa valeur propre. En effet, les deux premières lettres sont O et I que l'on prononce « woi » donc on n'entend ni le O ni le I, ensuite le S n'est pas prononcé comme un S avec le son « se » mais comme un Z avec le son « ze » ensuite on a E, A, U qui sont prononcés « o » donc on n'entend ni le E, ni le A, ni le U et pour finir il y a un x qui n'est pas prononcé. Donc, si on se fie à l'écrit il y a les lettres au O, I, S, E, A, U, X  mais à l'oral on n'entend aucune de ces lettres. il ne faut pas prendre en compte que l’écrit mais aussi les cris.

Evidemment ce ne sont pas des alchimistes qui ont créé la langue française en cachant des double sens dans les sonorités pour ensuite écrire des bouquins codés. Ce n'est pas dans ce sens que marche la langue des oiseaux, c’est dans l’autre. Les alchimistes français utilisent la langue française et ses sonorités pour inclure des doubles sens à leur propos.

Comment faire ?

Ce concept marche donc avec toutes les langues mais c'est évidemment beaucoup plus développé dans les pays qui ont accueilli des grands noms de l’alchimie à travers l'histoire La langue des oiseaux n'a pas de cadre précis ni de règles rigoureuses, il existe quand même trois principes sur lesquels la langue des oiseaux repose et qui permet de guider un peu celui qui cherche.

Le premier principe c'est le rapprochement sonore, il s’agit d'utiliser des ressemblances sonores entre les mots pour y inclure un double sens. Par exemple du point de vue sonorités le mot chandelle et proche du mot chandail mais d'un point de vue sémantique ils n'ont évidemment aucun rapport. Du coup, dans un texte alchimique, si on tombe sur une phrase qui dit éteindre une chandelle ça peut vouloir signifier retirer un chandail ou un tissu qui recouvre quelque chose. On passerait alors de atteindre une chandelle à découvrir quelque chose. On a simplement fait le lien entre chandelle et chandails pour donner un sens différent à la phrase.

le deuxième principe, ce sont les jeux de mots. Il peut s'agir d' anagrammes,  de contrepèteries, de verlan, de séparation de syllabes etc c'est le principe le plus connu parce qu'il est le plus facile à comprendre et probablement le plus simple à utiliser.  on peut prendre quelques exemples : un passage qui peut être entendu pas sage en alchimie, quand on parle de trépasser ça signifie qu’il faut faire trois passages donc trois pas sages  - un pas vers l’âme, un pas vers l'esprit et un pas vers le corps ou le minéral, le végétal et l'animal tout dépend du contexte-,  il y en a un que tout le monde connaît c'est la mort qui peut être entendu l'âme hors,…

le troisième principe, c'est la graphie l'idée c’est d'utiliser la forme des lettres comme vecteur de sens. On peut aussi prendre l'exemple du mot fort : F le feu, O l’eau, R c’est l'air et T la terre. Pour être fort, faut il savoir maitriser c’est quatre éléments ?


Attention toutefois à ne pas prendre ces fantasmes et ses interprétations personnelles pour de la langue des oiseaux. Tout comme pour les symboles, une interprétation doit être remise dans son contexte, il faut tenir compte de l’époque, de la discipline et de l’auteur. Ce langage fait partie de l’ésotérisme et c'est avant tout une démarche personnelle il n'y a pas de recette magique. Il faut juste travailler beaucoup avant de pouvoir comprendre tout ça.


Pour aller plus loin une petite video :