10 Façons de Fêter les Morts à travers le monde

Le 1er novembre, nous célèbrerons la Toussaint. L’occasion de revenir sur cette fête qu'est la Toussaint mais également sur les différentes pratiques, à travers le monde, pour célébrer les morts.

EN FRANCE, LA TOUSSAINT, UNE FÊTE CATHOLIQUE

En France, il est d'usage d'aller se recueillir sur les tombes des défunts

La Toussaint est une fête catholique, célébrée le 1er novembre de chaque année. A cette occasion, l’église catholique latine honore tous ses saints (tous-saints), connus et inconnus. Une messe est traditionnellement organisée et il est d'usage d'aller se recueillir sur les tombes des défunts.
On notera que les protestants ne pratiquent pas le culte des saints et ne célèbrent donc pas la Toussaint. Les églises orthodoxes et catholiques orientales célèbrent, elles, le Dimanche de tous les Saints, le dimanche suivant la Pentecôte.

EN GUADELOUPE : LA FÊTE DES ILLUMINATIONS

En Guadeloupe, des milliers de bougies sont alors allumées sur les tombes

Tout comme en France métropolitaine, la Toussaint est un jour férié. Mais avec près de 60 000 Indiens qui habitent en Guadeloupe, les rituels se mélangent...

De nombreux chrétiens et laïques se rejoignent pour célébrer la fête des clindindins, nom créole donné aux lucioles. Ils se réunissent au cimetière le 1er novembre et dans une ambiance bienveillante, passent une bonne partie de la nuit à partager les souvenirs des êtres disparus autour de leurs tombes. Des milliers de bougies, symboles de résurrection, sont alors allumées.

Le Semblani est une cérémonie hindouiste qui a lieu au même moment. Les familles indiennes décorent leurs maisons avec, là aussi, des bougies qu’elles dispersent tout autour. Elles apportent ensuite un repas composé de sept colombos qu’elles déposent au pied d’une chapelle privée. Enfin, elles se retirent un instant pour laisser le défunt profiter de ses mets.

Finalement, les deux fêtes sacrées se coordonnent à merveille.

HALLOWEEN, DANS LES PAYS ANGLO-SAXONS

Aux pays Anglo-Saxons, Hallowen, des bonbons ou un sort

Fête folklorique et païenne, Halloween est principalement célébrée dans les pays anglo-saxons la veille de la Toussaint, c’est-à-dire le 31 octobre. Contraction de l’anglais « All Hallows-Even », Halloween se traduit par « la veille de tous les saints ». Halloween s’est répandu aux Etats-Unis et au Canada après l’arrivée massive des Irlandais, suite à la Grande Famine, et a peu à peu gagner en popularité. Traditionnellement, les enfants se déguisent en toutes sortes de monstres et sonnent de portes en portes pour réclamer des bonbons ("des bonbons ou un sort").

AU MEXIQUE, LE DIA DE LOS MUERTOS

Au Meexique, Dia de los Muertos, un véritable carnaval

Célébrée le 2 novembre, le Dia de los Muertos est, comme son nom l’indique, le « jour des morts ». Classé au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco, cette célébration diffère largement de nos célébrations. A cette occasion, des bougies, fleurs et nourriture sont apportés et déposés sur les tombes. Les Mexicains vivent cette célébration comme un véritable carnaval.

EN CHINE, LA FÊTE DES FANTÔMES

En Chine, la délivrance des fantômes

Une célébration qui a lieu lors du septième mois lunaire du calendrier chinois. La fête des fantômes a pour but d’accélérer la délivrance des fantômes et esprits orphelins bloqués sur terre à cause de leurs nombreux pêchés. Pour cela, les pratiquant préparent repas et cérémonies. On organise de grands spectacles durant lesquels la première rangée de sièges est laissée libre, pour les fantômes.

AU NÉPAL, LA GAI JATRA

Au Nepal, festival des vaches

Dans la religion bouddhiste, la vache est sacrée. Dans cette continuité, la Gai Jatra, fête des morts au Népal, se traduit littéralement par « festival des vaches ». A l’heure de célébrer les morts, les Népalais organisent un défilé de bovins et d’hommes déguisés.
L’origine de cette fête remonterait au roi Pratap Malla qui voulu redonner le sourire à sa femme après la perte de leurs fils. Quiconque réussirait à faire sourire sa femme serait généreusement récompensé. Les Népalais se sont donc déguisés et cela fonctionna. Le roi décida donc que Gai Jatra serait l’occasion de célébrer les morts dans l’humour et la bonne humeur.

EN HAÏTI : HOMMAGE AUX ESPRITS VAUDOU

En Haïti, Guédé Nibo, le protecteur des morts-vivants.

À Haïti, c’est la fête des Guédés qui est célébrée le 1er et 2 novembre. Plusieurs personnages de la mythologie vaudou, comme le Baron Samedi, sont appelés à se manifester lors de cérémonies. Les participants portent parfois des lunettes noires. Ils sont, pour la plupart, habillés en blanc, noir et mauve et leurs visages sont poudrés. Ce sont des représentations de Guédé Nibo, le protecteur des morts-vivants.

Les Haïtiens boivent du rhum local, fument et s’abandonnent au rythme des tambours… Des chants et des prières s’ajoutent aux rituels. Certains se laissent aller à des paroles obscènes et des danses érotiques. Selon leurs croyances, les Guédés ne craignent rien, car ils ont déjà vécu.

Alors que d’autres tombent en transe et se roulent par terre, quelques vaudouisants vont jusqu’à manger du verre, des piments crus et enduisent leurs parties génitales de piment et de rhum.

EN SICILE : POUR LES ENFANTS ET LES GOURMANDS

En Sicile, les pupi di cena font le plaisir des gourmands

Les habitants de la Sicile, et plus particulièrement ceux de la région de Palerme, célèbrent la Festa dei Morti (fête des Morts) dans la bonne humeur. On reconnaît des similitudes avec le réveillon de Noël, sauf que cela se passe dans la nuit du 1er au 2 novembre.

La tradition veut que les jeunes reçoivent des cadeaux de leurs ancêtres disparus cette nuit-là. Au petit matin, les enfants doivent retrouver les jouets et friandises cachés dans la maison. Puis accompagnés par le reste de la famille, ils sont emmenés au cimetière pour rendre visite à leurs proches. C’est une façon d’aborder la mort avec les enfants par une approche plus douce.

Tout au long de cette journée, les petits comme les grands sont invités à savourer des pupi di cena (personnages en sucre – danseurs ou chevaliers), des ossa et fave dei morti (biscuits en sucre blanc) ainsi que des frutta martorana (fruits factices en pâte d’amande).

AUX PHILIPPINES : LES ÂMES REJOIGNENT LES VIVANTS

Aux Philippines, Les familles honorent les morts en partageant un moment de joie !

Aux Philippines, pays asiatique qui recense le plus de catholiques, les habitants bénéficient de plusieurs jours de congés avant et après le 1er novembre. Ils peuvent ainsi visiter les tombes de leurs proches à la Toussaint ou le 2 novembre, fête des morts nommée Araw ng mga Patay.

Les Philippins se rendent au cimetière pour nettoyer les sépultures, les repeindre et les décorer d’offrandes, généralement des fleurs et des bougies, mais aussi des cigarettes ou le plat préféré du proche disparu.

La tradition veut que les visiteurs y passent la nuit lors d’une veillée de 24 heures. Les familles s’installent autour des tombes, pique-niquent, chantent, dansent, jouent aux cartes… Elles honorent les morts en partageant un moment de joie !

Lorsque les participants rentrent chez eux, ils allument des bougies qu’ils laissent devant la porte d’entrée. Ainsi, les âmes des défunts sont invitées à franchir le seuil de la maison.

EN BOLIVIE : DES CRÂNES POUR ATTIRER LA CHANCE

En bolivie, les crânes procureraient la santé et la prospérité.

Bien qu’il y ait des similitudes avec la fête des Morts au Mexique, les Boliviens ont leurs propres rituels.

Leur cérémonie d’accueil consiste à recevoir les âmes qui, selon la tradition, arriveraient le 1er novembre à midi et repartiraient le lendemain à la même heure. Pour cela, les familles dressent des autels colorés composés de divers éléments symboliques comme une photo du défunt, son plat préféré, des gâteaux, des fleurs, des feuilles de coca, un verre d’eau ou d’alcool et les célèbres tantawawas, petits pains qui représentent la personne décédée.

Les adeptes des traditions aymara continuent les festivités avec la Fiesta de las Ñatitas, signifiant la fête des petits nez plats. Celle-ci se déroule le 8 novembre. C’est le jour de sortie des crânes humains que de nombreuses familles boliviennes conservent précieusement chez eux le reste de l’année.

Ces petits nez plats sont alors exhibés et parés de multiples accessoires : fleurs, foulards, guirlandes, lunettes de soleil… On leur offre à boire, à manger et parfois, à fumer. Choyés et vénérés au sein du foyer, les Ñatitas procureraient la santé et la prospérité.